Les villes dans les médias - Les finances des villes : un jeu d’équilibriste
La péréquation financière et la compensation des charges cantonales peuvent peser sur les finances des villes. À Meyrin, l’impact de la péréquation intercommunale a amené le parlement à envisager la réduction de la participation aux primes d’assurance maladie de son personnel afin de pallier les déficits (Tribune de Genève, 02.12.2025). Dans le canton de Berne, une réforme du système de compensation des charges de centre entraîne un manque à gagner de 7,6 millions de francs pour la ville de Berne et de 2,8 millions de francs pour Bienne. La ville de Thoune voit elle aussi diminuer les contributions destinées à couvrir ses charges de centre (Der Bund, 01.12.2025). À l’inverse, cet ajustement profite à des centres plus modestes tels que Burgdorf et Langenthal, qui accèdent désormais à la compensation des charges de centre. La réforme cantonale pénalise ainsi les grandes villes, mais s’avère bénéfique pour les plus petits centres (Der Bund, 01.12.2025; 04.12.2025). Pour Chiasso, le rôle de pôle régional impose des coûts de maintenance pour des infrastructures sportives et sociales dimensionnées pour un bassin de population bien plus large que celui de la ville seule (La Regione, 22.12.2025). Des centres thurgoviens comme Amriswil ou Kreuzlingen réclament eux une meilleure prise en compte des coûts générés par leurs infrastructures régionales (Thurgauer Zeitung, 23.12.2025). Au final, le transfert de charges vers les villes impacte par exemple Neuchâtel, où l’application d’une nouvelle législation cantonale sur l’accueil de jour des enfants entraîne des surcoûts budgétaires pour la ville et pousse celle-ci à envisager des mesures de compensation, dont des fermetures dès 18h (ArcInfo, 02.12.2025). À Lausanne, l’exécutif souligne que le transfert de charges cantonales représente un montant de 18 millions de francs et alourdit le déficit (24 heures, 05.12.2025). À Bellinzone, l’exécutif déplore régulièrement un déplacement de charges du canton vers la ville (Corriere del Ticino, 04.12.2025).
Étant donné que la péréquation financière et la compensation des charges ne relèvent pas du pouvoir décisionnel des villes, celles-ci agissent activement dans d’autres domaines afin de maintenir l’équilibre de leurs finances. La ville d’Adliswil a ainsi validé une hausse de son taux d’imposition à 104 % combinée à plus de deux millions de francs d’économies structurelles touchant notamment la culture, l’entretien des écoles et les services sociaux (Zürichsee-Zeitung, 12.12.2025). De son côté, Ittigen envisage une augmentation du taux d’impôt à 1,33 unité pour 2026 afin de couvrir ses investissements importants, tandis que certains partis politiques locaux exigent un plan pour limiter la croissance annuelle des dépenses à 2 millions de francs (Berner Zeitung, 09.12.2025). Enfin, à Saint-Gall, les contraintes liées à un déficit budgétaire de l’ordre de 25 millions de francs ont conduit le parlement communal à renoncer à une baisse d’impôts et à limiter les adaptations salariales prévues (St. Galler Tagblatt, 10.12.2025).
Commentaire: Kaspar Bopp, conseiller municipal et chef du département des finances de Winterthour
Celui qui décide d’une prestation étatique doit également en supporter les coûts, comme le stipule la Constitution fédérale. Le principe de l’équivalence fiscale est essentiel pour la répartition des tâches et des compétences entre les différents échelons de l’État. Dans le canton de Zurich, ce principe est toutefois régulièrement contourné : dans les domaines qui engendrent les coûts les plus élevés – éducation, sécurité sociale et soins –, c’est le canton qui fixe les règles. Or, ces tâches représentent ensemble environ les trois quarts du budget des communes zurichoises. Comme les coûts dans ces domaines augmentent fortement, la marge de manœuvre financière des communes ne cesse de se réduire. Une simple modification de la législation cantonale peut coûter des millions aux villes, soit bien plus que ce qu’elles dépensent habituellement dans le cadre de leurs propres processus budgétaires.
Pour les villes, cela signifie que la politique financière communale s’inscrit de plus en plus dans une logique de politique extérieure. Pour que les finances municipales soient saines, nous devons, en tant que villes, faire valoir efficacement nos intérêts aux échelons supérieurs de l’État. Le programme d’allègement budgétaire actuellement engagé par la Confédération et les réformes prévues dans le canton de Zurich en matière de législation sur l’école obligatoire et les soins infirmiers représentent des opportunités importantes pour agir dans ce sens.
Disclaimer: Avec le format « Les villes dans les médias », l’Union des villes suisses aborde un thème pertinent pour les villes, qui a été largement traité par les médias ces derniers temps. Ce résumé se base sur les articles parus dans la revue de presse de l’UVS. Une voix issue de l'association donne son point de vue personnel. Ce commentaire spécifique ne reflète pas nécessairement la position officielle de l'association.
