Les villes misent sur la gestion plutôt que sur un plafonnement
Les cantons, les villes et les communes disposent d’instruments éprouvés pour piloter la croissance. Une vision fait l’unanimité: la prospérité et la qualité de vie découlent d’un développement dynamique et efficace. Un plafonnement de la croissance et de l’immigration entraînerait une pénurie de ressources importantes, notamment de main-d’œuvre qualifiée et de moyens financiers, avec des conséquences néfastes pour des secteurs fondamentaux de l’économie et de la société, tels que la santé, les transports, l’éducation ainsi que de nombreuses branches économiques hautement spécialisées. Ces secteurs dépendent tous de personnel qualifié et de talents motivés.
En tant que centres économiques et laboratoires d’innovation de la Suisse, les villes sont particulièrement tributaires de leurs interconnexions internationales. L’immigration de personnel qualifié renforce la capacité d’innovation et génère simultanément des recettes substantielles – notamment par le biais des impôts et des cotisations aux assurances sociales. Les villes, les communes et les cantons ne peuvent pas se permettre (et ne souhaitent pas) de telles pertes de recettes.
En même temps, les villes sont tributaires de personnels qualifiés et de mains-d’œuvre provenant de la Suisse ou de l’étranger. Le vieillissement démographique accentue encore la pénurie de personnel. Les villes ont toutefois démontré leur capacité à mettre en place les conditions-cadres nécessaires pour que la migration contribue avec succès à l’innovation, au dynamisme économique, à la diversité sociale et à une qualité de vie élevée. Pour réussir cette transition, elles ont besoin de marges de manœuvre, et non de plafonds rigides. Une limitation stricte de l’immigration les toucherait de plein fouet.
À cela s’ajoute un double effet négatif: une diminution de l’immigration de jeunes talents qualifiés réduirait à la fois la capacité d’innovation et les recettes fiscales. Parallèlement, les dépenses publiques continueraient d’augmenter, notamment dans les domaines des soins et de l’éducation, et devraient être assumées par un nombre plus restreint de personnes actives. Cela exercerait une pression supplémentaire sur les budgets publics.
Le maintien de relations stables avec l’Union européenne constitue un autre facteur déterminant. Ces relations garantissent l’accès à des marchés importants ainsi qu’à un vaste vivier de talents. Dans un contexte de concurrence mondiale toujours plus intense pour attirer une main-d’œuvre jeune et qualifiée, des conditions-cadres stables et des droits de séjour fiables représentent un avantage compétitif décisif pour des villes ouvertes et dynamiques. C’est à cette condition que la Suisse pourra préserver son attractivité et sa qualité de vie.
La force du fédéralisme réside dans sa capacité à élaborer des solutions au plus près des réalités du terrain. Les villes et les communes urbaines disposent déjà de nombreux instruments pour piloter leur croissance de manière ciblée, qu’il s’agisse de mobilité, de logement ou d’infrastructures. Pour agir efficacement, elles ont besoin de liberté d’action plutôt que de restrictions. L’objectif demeure inchangé: garantir une qualité de vie élevée pour toutes et tous. L’expérience montre que les villes savent accompagner leur développement avec efficacité. Elles évoluent en permanence et constituent les moteurs de la transformation, avec l’ambition de rester des lieux attractifs où vivre, travailler, entreprendre et se détendre.
L’initiative «Pas de Suisse à 10 millions!», en revanche, n’apporte aucune solution aux défis actuels. Elle aggraverait la pénurie de main-d’œuvre qualifiée, freinerait la dynamique économique, affaiblirait les finances publiques et mettrait en péril l’ouverture internationale de la Suisse.
Les villes rejettent donc clairement ce projet et demandent à la population de voter non à l’initiative populaire «Pas de Suisse à 10 millions!» le 14 juin 2026.
