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La conduite automatisée doit être encadrée par des lignes directrices claires

28 mai 2026 – Les véhicules automatisés transformeront la mobilité. Ils offrent la possibilité d’améliorer la sécurité routière et de développer de nouvelles formes de transports publics. En même temps, ils pourraient entraîner une augmentation du trafic automobile ainsi qu’une pression accrue sur l’espace public dans les villes et les agglomérations. L’Union des villes suisses s’engage afin que la conduite automatisée contribue à une mobilité durable. Cela suppose un cadre règlementaire clair ainsi qu’un rôle actif des villes dans la mise en œuvre de cette transition.

Les voitures autonomes ne relèvent plus de la science-fiction en Suisse: elles font déjà partie de la réalité. Dans la région du Furttal, près de Zurich, des véhicules automatisés circulent actuellement dans le cadre d’un projet pilote destiné à tester leur intégration dans les transports publics. Pour l’heure, des conducteurs de sécurité se trouvent encore à bord, mais leur présence ne sera plus nécessaire à l’avenir. Selon les informations fournies par WeRide, partenaire technologique du projet, près de 1600 véhicules automatisés sont déjà exploités à travers le monde, principalement en Chine. 


Les véhicules automatisés ont le potentiel de transformer radicalement notre manière de nous déplacer. Grâce à l’élimination des erreurs humaines, à une perception avancée de l’environnement et à des temps de réaction plus courts, ils pourraient améliorer sensiblement la sécurité routière à long terme. Ils permettraient également une utilisation plus efficiente des infrastructures de transport, les véhicules circulant de manière plus précise, plus coordonnée et plus régulière que les conducteurs humains. Cette technologie ouvre des perspectives prometteuses pour les transports publics. Les navettes automatisées, commandables via téléphone portable et capables de regrouper les trajets de manière intelligente, pourraient notamment améliorer la desserte des zones périphériques par les transports publics. 
 

Ces opportunités s’accompagnent toutefois de risques: les véhicules automatisés pourraient rendre la mobilité individuelle motorisée nettement plus attractive et provoquer ainsi des effets de transfert indésirables. Les personnes pouvant mettre à profit leur temps de trajet seraient davantage enclines à parcourir de longues distances ou à multiplier les déplacements. Il est donc essentiel d’anticiper dès aujourd’hui ces évolutions et de prévenir, avec discernement, les effets indésirables potentiels – en particulier dans les villes et les agglomérations. 

Le cadre juridique actuel laisse encore de nombreuses questions en suspens 
Au regard des profondes répercussions que la conduite automatisée aura sur la mobilité urbaine, les villes doivent participer activement à son développement. Les villes se montrent, de manière générale, ouvertes aux nouvelles technologies. La Conférence des villes pour la mobilité (CVM) s’est d’ailleurs saisie de cette thématique et a formulé les préoccupations des villes dans sa prise de position intitulée «Conduite automatisée et mobilité urbaine». Au cœur de cette démarche figure l’exigence que la conduite automatisée soit systématiquement mise au service d’une meilleure efficacité énergétique, d’une utilisation plus rationnelle de l’espace, d’un renforcement de la sécurité routière et de l’attractivité des transports publics, tout en permettant une revalorisation qualitative de l’espace public. 
 

Le 1er mars 2025, la Confédération a mis en vigueur l’ordonnance sur la conduite automatisée (OCA). Celle-ci impose aux cantons d’être en mesure, d’ici mars 2028, de traiter et d’approuver les demandes d’exploitation de véhicules sans conducteur. Dans ce cadre, les cantons seront chargés – notamment via les procédures d’immatriculation – de définir les itinéraires sur lesquels les véhicules autonomes pourront circuler. Lors de la consultation, l’Union des villes suisses a pu faire valoir que les villes et les communes devaient être associées à l’examen des demandes par les autorités cantonales compétentes. 
 

Le cadre juridique actuel demeure toutefois principalement centré sur les questions d’immatriculation et de sécurité technique des véhicules automatisés. En revanche, des interrogations fondamentales restent ouvertes: quelles sont les exigences du point de vue du développement des transports, de l’aménagement du territoire et du développement urbain? Et quelles offres de mobilité seront, selon les contextes territoriaux, réellement pertinentes et souhaitables du point de vue de la politique des transports? Les cantons disposent ainsi d’une grande marge d’appréciation. 
 

Élaborer des lignes directrices stratégiques pour une utilisation durable 
S’il est généralement admis que la conduite automatisée peut constituer un complément pertinent aux transports publics dans les régions rurales, on ignore encore dans quelle mesure les véhicules autonomes pourront contribuer aux objectifs de politique des transports dans les villes et les agglomérations densément peuplées – et dans quel cadre règlementaire cette évolution devra s’inscrire. 
 

Au vu du potentiel de transformation considérable de cette technologie et des immatriculations attendues, il est urgent d’engager un débat approfondi sur ces enjeux. La Confédération, les cantons, les villes ainsi que les entreprises de transport publiques et privées doivent élaborer une vision commune de la manière dont la conduite automatisée doit être intégrée au trafic d’agglomération. Les villes sont également appelées à définir leur propre stratégie territoriale. Dans cette perspective, l’Union des villes suisses participe activement aux travaux de la plateforme sur la conduite automatisée des cantons (ALAUF). Elle favorise en outre les échanges entre ses membres et encourage une collaboration étroite au sein des différents organes. 
 

Une chose est claire: le modèle chinois ou américain, fondé sur de vastes flottes de robotaxis destinés à un usage individuel, ne constitue pas une solution adaptée au contexte urbain suisse. En revanche, les possibilités offertes par l’automatisation doivent être mises à profit notamment pour accélérer la transition vers des formes de mobilité collective peu gourmandes en surface et en énergie, et en même temps innovantes, respectueuses du climat et socialement acceptées. 

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